Le Brésil mène la bataille contre l’hégémonie américaine sur le Web

25 abr

Le 13 février, à Brasilia, des pétitionnaires demandent au Brésil d’accorder l’asile politique à Edward Snowden, l’ex-consultant de la NSA.

Au départ, il y a un gros coup de colère de la présidente brésilienne Dilma Rousseff. A l’arrivée, le sommet international sur la gouvernance de l’Internet, qui doit avoir lieu à Sao Paulo les 23 et 24 avril, a l’ambition de s’attaquer à rien moins que l’hégémonie américaine sur la Toile.

Lorsqu’en septembre 2013, Mme Rousseff apprend, grâce aux révélations d’Edward Snowden, que l’Agence de renseignement américaine (NSA) intercepteses communications et celles des responsables dirigeants brésiliens, elle s’indigne sans retenue.

LA « DÉSAMÉRICANISATION » DES INSTANCES MONDIALES

A la tribune des Nations unies à New York, elle affirme que la surveillance de masse du Net est incompatible avec la liberté d’expression, la démocratie et la souveraineté nationale. Elle exige des Etats-Unis « des explications, des excuses et des garanties que de telles opérations ne se répéteront jamais ». Et annule même une visite d’Etat à Washington prévue de longue date.

Mme Rousseff préconise aussi un changement radical dans la gouvernance des organismes qui assurent le fonctionnement du Web au niveau mondial – adresses, noms de domaines, normes, protocoles, etc. Pour des raisons historiques, ces instances sont souvent sous la tutelle des Etats-Unis.

Leur « désaméricanisation » est une revendication déjà ancienne, qui est régulièrement reprise par de nombreux pays. Les Etats-Unis l’ont certes toujours rejetée, mais, cette fois, les partisans de la réforme se sentent en position de force, après l’onde de choc provoquée par le scandale des écoutes de la NSA.

 OFFENSIVE DIPLOMATIQUE

Fait nouveau, la fronde se développe au sein même des organes de gouvernance. Réunis en octobre 2013 à Montevideo, la capitale de l’Uruguay, les dirigeants d’une dizaine d’entre eux se déclarent favorables à un mode de gouvernance plus « multilatéral », c’est-à-dire moins américain.

Ils souhaitent commencer par l’Icann (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), chargée de gérer les noms de domaines et adresses Internet. Celle-ci dépend du ministère américain du commerce. Elle sous-traite les opérations techniques – gestion des domaines « .com », « .net », etc. – à la société privée VeriSign.

Après Montevideo, le directeur de l’Icann, un Américain favorable à la fin de la tutelle des Etats-Unis, se rend au Brésil pour rencontrer la présidente Dilma Rousseff, qui s’engage à le soutenir.

Lire aussi notre décryptage : Internet, enjeu de pouvoir entre les Etats-Unis et les « grands émergents »

Brasilia intensifie alors son offensive diplomatique et annonce la tenue, à Sao Paulo, pour le printemps 2014, d’un sommet international sur la gouvernance de l’Internet, baptisé NETmundial, en référence au Mondial de football qui aura lieu au Brésil en juin.

Dans le même temps, le pays s’allie à l’Allemagne, où le scandale des écoutes de la NSA a eu un fort retentissement, pour faire adopter par l’Assemblée générale des Nations unies une résolution affirmant que le respect de la vie privée des internautes est un droit humain fondamental. Puis Berlin fait connaître sa volonté de s’impliquer activement dans la préparation du sommet de Sao Paulo.

Le gouvernement français est resté, lui, très discret dans sa dénonciation des activités de la NSA. Paris ne semble pas prêt à affronter les Etats-Unis sur ce dossier. Mais à l’occasion de la visite officielle de François Hollande au Brésil, en décembre 2013, la France accepte d’être coorganisatrice du NETmundial.

LIBERTÉ D’EXPRESSION

En mars, la Chambre des députés brésilienne adopte une « loi Internet » garantissant la liberté d’expression, la protection de la vie privée et l’égalité de traitement de tous les types de contenus. Celle-ci a été approuvée par le Sénat à la veille de l’ouverture du sommet.

En fait, pour faire passer la loi, Brasilia a dû accepter un compromis. Au départ, il était prévu d’obliger tous les prestataires du Net (y compris américains) à stockerles données personnelles des internautes du Brésil dans des serveurs situés dans le pays – un concept proche du « cloud européen », préconisé par les Allemands. Mais il est vite apparu que ce projet serait coûteux et complexe, peut-être même infaisable, et il a été abandonné.

La surprise vient alors, en mars, des Etats-Unis. Washington annonce sa décision d’abandonner le contrôle de l’Icann, avant la fin 2015. En Europe, notamment en France, cette décision est largement interprétée comme une reculade : depuis l’affaire Snowden, ils auraient perdu leur « magistère moral » et ne pourraient plusexiger du reste du monde qu’il leur fasse confiance pour défendre les libertés sur le Web.

En privé, des fonctionnaires et des élus français sont convaincus que le moment est favorable. Selon eux, le scandale de la NSA a aussi provoqué un conflit entre le gouvernement fédéral des Etats-Unis et les grands groupes américains du Net, qui craignent de perdre la confiance des utilisateurs étrangers.

PROCESSUS DE PARTAGE DU POUVOIR

Les partisans de cette thèse citent la déclaration de Mark Zuckerberg, patron deFacebook, en mars : « Le gouvernement américain devrait être le champion de l’Internet, et non pas une menace. »

Ainsi, avant même d’avoir eu lieu, le NETmundial aurait déjà remporté un succès important : contraindre Washington à entrer dans un processus de partage dupouvoir, pour ne pas arriver à Sao Paulo isolé, en position d’accusé.

D’autres experts, notamment techniques, remarquent en privé que les Américains restent en position de force, et ont déjà posé leurs conditions : pas question que l’Icann soit placé sous le contrôle d’une bureaucratie intergouvernementale, ni des Nations unies.

En fait, conformément à leur tradition, ils souhaitent que la future gouvernance fasse une large place au secteur privé – notamment aux sociétés d’envergure mondiale du Web, qui sont majoritairement américaines.

Le conflit entre Washington et la Silicon Valley ne serait donc qu’un épiphénomène. Par ailleurs, le domaine de compétence de l’Icann n’a rien à voiravec les activités de la NSA, qui ne seront pas affectées par cette réforme.

Pour compliquer encore l’affaire, à Washington, des élus du Parti républicain s’opposent déjà au projet « d’internationalisation » de l’Icann, qu’ils considèrent comme une nouvelle preuve de la faiblesse du président Obama sur la scène internationale.

UN CONFLIT TRIANGULAIRE

Au total, onze pays sont coorganisateurs du NETmundial aux côtés du Brésil – dont l’Allemagne, la France et les Etats-Unis. Son comité directeur a reçu 188 contributions émanant d’administrations, d’ONG, d’universités et d’organismes techniques de quarante-six pays.

Si l’on se fie aux documents préparatoires, on y parlera de tout : gouvernance juridique et technique, infrastructures, normes et standards, droits de l’homme,neutralité du Net, logiciels libres, cybersécurité, équilibre entre surveillance et respect de la vie privée…

L’objectif officiel des Brésiliens est de faire adopter une déclaration commune sur les principes d’une nouvelle gouvernance – qui devra être démocratique, transparente, responsable, respectueuse de la diversité culturelle… Elle devra être« multi-parties-prenantes », c’est-à-dire inclure les principaux acteurs du Net – vu leur nombre et leur diversité, cela pourrait poser des problèmes juridiques et logistiques inédits.

Au final, le Brésil reste sur une ligne assez classique, en opposition avec les Etats-Unis, puisqu’il veut en priorité accroître les pouvoirs d’organismes dépendant des Nations unies comme le Forum sur la Gouvernance de l’Internet (FGI), qui, à ce jour, est une simple instance consultative.

L’éternel conflit triangulaire entre les étatistes, les partisans de la privatisation et les libertaires va donc sans doute ressurgir dans tous les débats.

OPTIMISME

Malgré tout, l’un des Français invités au NETmundial en tant qu’expert, Mathieu Weill, directeur général de l’Association française pour le nommage Internet en coopération (Afnic), est raisonnablement optimiste : « On ne va pas faire la révolution en deux jours, mais le Brésil est en bonne position pour faire avancerune réforme de la gouvernance. Il est proche des principes européens, et en même temps, il a la confiance des pays les moins développés. »

Après l’Icann, les Etats partisans d’une autre gouvernance envisagent de s’intéresser à l’IETF (Internet Engineering Task Force), l’organisme qui fixe les normes permettant à Internet de se moderniser tout en restant un réseau unifié.

Or, l’IETF, pur produit de la culture Internet, est une réunion informelle d’ingénieurs travaillant bénévolement. Elle n’a ni statut juridique ni conseil d’administration, et elle fonctionne comme l’une des « activités » de l’Internet Society, une ONG installée à Washington et à Genève, dirigée par une équipe de treize personnes, dont six Américains.

L’IETF se réunit trois fois par an, dans différents pays, grâce au soutien financier de grandes entreprises du secteur. La philosophie de ses membres tient en une devise, édictée en 1992 par l’informaticien américain David Clark, l’un des fondateurs de l’Internet : « Nous rejetons : les rois, les présidents et les élections. Nos croyances : trouver un vague consensus, et faire tourner du code. » La tâche des réformateurs s’annonce compliquée.

Voir aussi l’infographie : Les Etats contre Internet : six cartes et graphiques pour comprendre

O Brasil lidera a batalha contra a hegemonia norte-americana na Web

Inicialmente, houve uma grande explosão de presidente do Brasil, Dilma Rousseff.À chegada, a top internacional de governança da Internet, que deve ser realizada em São Paulo em 23 e 24 de abril, a ambição de ‘s ataque para nada menos do que a hegemonia americana na web.

Quando em setembro de 2013, M me Rousseff aprende, graças a revelações Edward Snowden que agência de inteligência dos EUA (NSA) interceptar suascomunicações e os líderes brasileiros responsáveis, é indigno sem restrição.

OS “DE SAM ÉRICANISATION “organismos mundiais

Na plataforma da Organização das Nações Unidas, em Nova York, ela diz Net vigilância em massa é incompatível com a liberdade de expressão, a democracia ea soberania nacional. Ela exige que o Estados Unidos explicação “, desculpas e garante que tais transações nunca ser repetido” . E mesmo cancelou uma visita de Estado a Washington planejado há algum tempo.

M me Rousseff também defende uma mudança radical na gestão de organizações que fornecem o funcionamento da rede mundial de computadores – endereços, nomes de domínio, padrões, protocolos, etc. Por razões históricas, esses casos são muitas vezes sob a tutela dos Estados Unidos.

Sua “de sam éricanisation “é uma reivindicação de longa data, que é tomado regularmente por muitos países. Os Estados Unidos certamente sempre rejeitou, mas desta vez, os defensores da reforma sentir em uma posição forte após a onda de choque causada pelo escândalo Escuta NSA.

OFENSIVA DIPLOMÁTICA

Developments, funda desenvolve até mesmo dentro de órgãos de governança.Conheci em outubro de 2013, em Montevidéu, capital do Uruguai , os líderes de uma dúzia deles são a favor de um método de governação mais “multilateral” , isto é, menos americano.

Eles querem começar pelo ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), responsável pela gestão de nomes de domínio e endereços da Internet. Depende do Departamento de Comércio dos EUA. Subcontrata as operações técnicas – áreas de gestão, etc “com”. “Net”.. – A empresa privada VeriSign.

Depois de Montevideo, diretor da ICANN, uma terminação favorável da tutela do Estados Unidos da América, vai para Brasil para se reunir com a presidente Dilma Rousseff, que está comprometida com o suporte .

Leia também a nossa descriptografia: Internet, questão do poder entre os Estados Unidos eo “grande emergente”

Brasília, intensificando sua ofensiva diplomática e anuncia, em São Paulo para a primavera de 2014, uma cimeira internacional sobre a governança da Internet, chamada NETmundial, referindo-se ao Mundial de Futebol a ser realizada no Brasil em junho.

Ao mesmo tempo, o país combina a Alemanha , onde o escândalo de espionagem da NSA teve um impacto forte, para ser adotada pela Assembléia Geral das Nações Unidas uma resolução declarando que o respeito pelaprivacidade utilizadores da Internet é um direito humano fundamental. Em seguida, Berlim é conhecida a sua intenção de ser envolvidos activamente na preparação da cimeira de São Paulo.

O governo francês tem sido, ele muito discreto em sua denúncia das atividades da NSA. Paris não parece pronto para enfrentar os Estados Unidos sobre esta questão. Mas, por ocasião da visita oficial de François Hollande no Brasil em dezembro de 2013 França concorda em ser co-organizador do NETmundial.

LIBERDADE DE EXPRESSÃO

Em março, a Câmara dos Deputados do Brasil adota “lei Internet” garantir a liberdade de expressão, a proteção da privacidade e da igualdade de tratamento de todos os tipos de conteúdo. Isto foi aprovado pelo Senado na véspera da abertura da cúpula.

Na verdade, para fazer passar a lei, Brasília teve que aceitar um compromisso.Inicialmente, foi planejada para exigir todos os prestadores de líquido (incluindo EUA) para armazenar os dados pessoais dos utilizadores da Internet em servidores brasileiros localizados no país – um conceito próximo da “nuvem europeu” defendida pelos alemães. Mas logo ficou evidente que este projeto seria caro e complexo, talvez até mesmo inviável, e foi abandonado.

A surpresa vem quando, em março, nos Estados Unidos. Washington anunciou sua decisão de abandonar . controle ICANN antes do final de 2015 na Europa , principalmente na França, esta decisão é amplamente interpretado como um retiro: desde o caso Snowden, teriam perdido a sua “autoridade moral” e já nãoexigem o resto do mundo que não confia neles para defender a liberdade na web.

Em privado, funcionários e oficiais franceses estão convencidos de que o momento é favorável. De acordo com eles, o escândalo NSA também levou a um conflito entre o governo federal dos Estados Unidos e as grandes bandas americanas da Net, que têm medo de perder a confiança dos utilizadores estrangeiros.

PROCESSO DE COMPARTILHAMENTO DE ENERGIA

Os defensores deste ponto de vista citar a declaração de Mark Zuckerberg, CEO do Facebook , de Março: “O governo dos EUA deve ser o campeão da Internet, não uma ameaça. “

Assim, mesmo antes de ter ocorrido, o NETmundial já ganhou um grande sucesso obrigar Washington a entrar em um processo de partilha de poder , nãode chegar em São Paulo posição isolada em reconhecimento.

Outros especialistas, incluindo técnicas, nota particular que os americanos permanecem em uma posição forte, e já colocou suas condições: há dúvida de que a ICANN está sob o controle de uma burocracia ou intergovernamental das Nações Unidas.

Na verdade, de acordo com a sua tradição, eles querem que a futura governação fazer um grande lugar para o setor privado – incluindo a empresa de Web global “s, que são na sua maioria americanos.

O conflito entre Washington e do Vale do Silício, portanto, seria um epifenômeno.Além disso, a competência da ICANN não tem nada a ver com as atividades da NSA, que não serão afetados por essa reforma.

Para complicar a questão, mesmo em Washington, eleito Partido Republicano já se opõem ao projeto de “internacionalização” da ICANN, que eles vêem como uma nova prova da fraqueza do presidente Obama na cena internacional.

CONFLITO TRIANGULAR

No total de onze países são co-organizadores NETmundial ao lado de Brasil – incluindo a Alemanha, França e Estados Unidos. Comitê Gestor recebeu 188 contribuições de governos, ONGs, universidades e órgãos técnicos quarenta e seis países.

Se olharmos para os documentos preparatórios, vamos falar de todos os governança, infra-estrutura, as normas técnicas e legais e normas, os direitos humanos, a neutralidade da rede , software de código aberto, segurança cibernética, o equilíbrio entre vigilância e Privacidade Privado …

O objetivo oficial dos brasileiros é adotar uma declaração conjunta sobre os princípios da nova governança – que irá ser democrático, transparente, responsável, respeitadora da diversidade cultural … Vai ser “multi-stakeholder-envolvidos ‘ , c ‘ seja, incluem os principais atores Net – visto o seu número e diversidade, isso pode representar problemas legais e logísticos inéditos.

No fim das contas, o Brasil tem uma linha bastante normal, em oposição aos Estados Unidos, uma vez que ele quer prioridade para aumentar os poderes dos organismos sob as Nações Unidas como o Fórum de Internet Governance Forum (IGF) que, até à data, é um órgão consultivo.

O eterno conflito entre estatista triangular, os defensores da privatização e libertários, portanto, provavelmente reaparecerá em todos os debates .

OTIMISMO

No entanto, um dos convidados franceses no NETmundial como um especialista, Mathieu Weill, presidente da Associação Francesa de Internet nomear Cooperação (AFNIC), está cautelosamente otimista: “Nós não vamos fazer a revolução dois dias, mas o Brasil está bem posicionado para fazerantecipadamente reforma da governação. É perto de princípios europeus e, ao mesmo tempo, ele tem a confiança dos países menos desenvolvidos. “

Depois de ICANN, os defensores de uma outra governança Unidos consideram ‘sinteresse na IETF (Internet Engineering Task Force), a organização que estabelece padrões para a Internet para modernizar , mantendo-se uma rede unificada.

No entanto, o IETF, um produto puro do crescimento da Internet, é uma reunião informal de engenheiros voluntariado. Não tem nenhum status legal ou conselho de administração, e funciona como uma das “atividades” da Internet Society, uma ONG com sede em Washington e Genebra, liderada por uma equipe de treze pessoas, incluindo seis norte-americanos .

O IETF se reúne três vezes por ano em diferentes países, com o apoio financeiro de grandes empresas do setor. Filosofia de seus membros realizada em uma moeda, promulgada em 1992 pela American cientista da computação David Clark, um dos fundadores da Internet: “Nós rejeitamos: reis, presidentes e eleições.Nossas crenças encontrar uma vaga de consenso, e para executar o código. “ A tarefa dos reformadores parece complicado.

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